Réclamer la liberté



Depuis deux semaines nous entendons de plus en plus parler de liberté. Ce qui est tout à fait normal. Nous entamons maintenant notre sixième semaine de confinement, le printemps commence à manifester ses effets sur nous, les contacts physiques sont limités et nous sommes en perte totale de contrôle de nos vies, qui nous le pressentons, ne seront plus jamais comme avant... L'allégresse des débuts et la promesse de renouveau commencent à s'essouffler.


Les spécialistes du comportement humain vous diront que ce qui se passe est normal. Certaines étapes existent lorsque l'humain se retrouve brimé dans ses mouvements, lorsqu'il se retrouve en situation d'isolement. Rendu à ce stade-ci, nous commençons à chercher des coupables et à remettre en question les autorités en place. Conformément au comportement attendu de l'humain pris dans la conscience égoïque, nous nous déresponsabilisons en cherchant à remettre sur le dos d'autres personnes nos malheurs et rendons responsables d'autres personnes de notre situation, ne voyant toujours pas que cette situation est le fait de nos décisions et comportements collectifs.


Qu'il s'agisse de cette Chine d'où nous viendrait le virus ou ces États-Unis qui ont maintenant interdit l'exportation de certains de produits dont nous aurions bien besoin pour combattre ce virus, c'est du pareil au même. Nous encourageons tous et toutes, d'une façon démesurée, les économies de ces deux pays dont nous viennent la majorité des produits que nous consommons. Les "Amazon" et les "Wish" de ce monde font autant sinon plus d'argent avec les achats des consommateurs étrangers qu'avec ceux des habitants des États-Unis et de la Chine. Un exemple parmi bien d'autres de ce double discours que nous entretenons. Lorsqu'il s'agit de nos élus que nous critiquons allègrement, ce sont nous et encore nous qui les avons élus. Et si nous regardons du côté de ces dizaines de théories du complot qui circulent depuis quelques semaines, ceux qui les dénoncent le font à partir de plateformes, de logiciel, d'ordinateurs et de sociétés sous contrôle direct ou indirect de ces Bill Gates ou Elon Musk à qui les pires intentions sont attribuées. Ou en utilisant les portables qui sont fabriqués par ces sociétés qui sont à implanter cette fameuse 5G contre laquelle nous nous insurgeons...


Nous sommes des enfants privés de sortie qui préférons remettre sur le dos de notre petit frère ou notre petite soeur la responsabilité du mauvais coup qui nous a conduit en punition, plutôt que d'admettre que nous avons été des complices (passifs ou actifs) dans la perpétration du larcin. Ce que je vois, c'est ce que j'ai vu toute ma vie dans le domaine judiciaire à plus petite échelle: C'est toujours la faute de quelqu'un d'autre. Les prisons sont remplies de gens ayant eu des enfances horribles. Des victimes de traumatismes et violences inimaginables. Mais ceux qui s'en sortent, ceux qui se réhabilitent, sont ceux qui se prennent en main et font la paix avec leur passé. Pas ceux qui continuent à se dire victime des autres, des évènements et de la vie. Ceux-là passent leur vie à entrer et sortir de prison.


Ce que vous ne voyez pas, parce que c'est beaucoup plus subtil, c'est que vous êtes toujours les pantins de quelqu'un ou quelque chose d'autre. Les médias font ce qu'ils ont toujours fait pour vendre des cotes d'écoute et de la copie; c'est-à-dire entretenir le drame et la mauvaise nouvelle. Le système économique met une pression énorme sur les décideurs parce que tout ceci est très mauvais pour ce mouvement d'économie mondiale qui vacille plus que jamais. Tout ceci entraine des décisions plus ou moins judicieuses chez nos élus, selon les pays, qui sont sous le pouvoir de cet égrégore économique bien plus que sous le nôtre. Les systèmes religieux et spirituels plongent dans leur dogmes pour vous fournir toutes sortes d'explications "divines" afin de vous rassurer et vous inviter à tenir bon, que ce n'est qu'un mauvais moment à passer. Et les amateurs de complots de toutes sortes (les vrais comme les faux) continuent d'entretenir un autre système. Parce que les tenants du complot sont des gens qui prônent et soutiennent l'anarchie. Et leurs documentaires sont truffés de faussetés pour soutenir leur idéologie. Oui, on nous cache des choses, c'est le propre du pouvoir qui grandit que de le faire au détriment de quelqu'un ou quelque chose d'autre. Mais les anarchistes font exactement la même chose, c'est une autre façon d'exercer le pouvoir, tout simplement. De détruire des systèmes pour laisser les gens dans le chaos et l'instabilité. De continuer à entretenir la peur en vous faisant croire que nos dirigeant nous racontent des mensonges et veulent nous faire peur. Ceux qui nous cachent des choses ne le font pas pour entretenir la peur mais bien l'ignorance, ce qui est très différent. Les anarchistes utilisent le feu pour combattre le feu, c'est tout et c'est surtout vieux comme le monde. C'est la même bonne vieille poutine depuis que le monde s'organise en plus gros groupes. On nous nourrit de "fictions mentales" continuellement. Tantôt pour nous calmer, tantôt pour nous encourager, tantôt pour nous amener à nous rebeller.


Mais rien pour nous responsabiliser collectivement à devenir les êtres conscients que nous sommes tous invités à devenir. Rien pour développer notre vision. Rien pour nous apporter un regard qui nous permettrait d'embrasser plus large. Le véritable défi est là, mais nous continuons à nous appuyer sur de vieux systèmes et des vieilles croyances. Quand un sytème vacille, nous nous énervons, rejetons très rapidement les gens en place, cherchons des coupables et continuons à nous déchirer et nous polariser dans nos opinions. Nous demeurons au ras du sol et ne nous élevons pas beaucoup. À tous ces amateurs de spiritualité new age qui se délectent actuellement de complots de toutes sortes, j'utiliserai un terme que vous connaissez bien: Vous nagez dans l'astral. Non, vous vous noyez dedans. Et à tous ces disciples de mouvements religieux sectaires qui parlent d'apocalypse, de nouveau déluge et de fin du monde, je vous demande: Si les choses continuent de se dégrader, où sera votre charité chrétienne et l'amour de votre prochain lorsque votre arche, votre vaisseau ou les portes de votre temple se refermeront, laissant dehors ceux qui n'ont pas suivi "le seul chemin" ? Vous direz tant pis pour eux? Vous croyez vraiment qu'une telle façon de voir les choses amènera votre barque vers Dieu? Ce seul chemin sera un cul de sac si vous ne tendez pas la main à votre prochain, c'est ça la réalité. Parce que vous traitez l'autre comme vous n'aimeriez PAS être traité. Et ça, c'est contraire à tout principe de vie, peu importe le dogme ou la religion.


Rejeter l'autre parce qu'il ne pense pas comme vous ou le forcer à penser comme vous c'est un comportement infantile, c'est ce que les enfants font dans les cour d'école. Ils se poussent parce qu'ils ne sont pas d'accord ou tirent sur le bras de leur ami pour qu'il aille dans la même directions qu'eux. Nous apprenons à nos enfants à ne pas faire cela dès l'école primaire. Mais d'où croyez-vous que ces mêmes enfants ont appris cela?


Ne voyez-vous pas que tout ceci ne fait qu'entretenir la division, le conflit, la séparation et que RIEN dans tout ce discours et dans toutes ces idéologies n'amènent la solidarité, l'entraide, le partage? Mais que surtout, RIEN dans tout ceci n'amène de solutions et une vision à long terme sur la façon de tirer quelque chose de positif de toute cette aventure? Pas seulement une leçon, parce que ce bout-là, je crois qu'il a été saisi. Non, je parle de nouvelles façons de voir les choses, d'appréhender "l'après" qui s'en vient. Si le 11 septembre 2001 a changé définitivement les mesures de sécurité dans les aéroports et notre façon de voyager, que pensez-vous qu'il adviendra de la présente crise? Quel genre de nouvelle psychose entretiendra-t-elle?


La liberté, la vraie, elle ne passe pas par le fait de circuler librement dans la rue ou de pouvoir voyager. Elle ne passe pas par le fait de pouvoir vivre de nouveau comme nous vivions avant, sans perdre aucun acquis ni ne devoir rien remettre en question. La liberté c'est d'être conscient. De voir ce jeu dans lequel ce monde est pris à l'heure actuelle. Cette roue que nous nous continuons de faire tourner depuis toujours. La liberté c'est de sortir de ce jeu, de ce piège qui se joue dans nos têtes. Ce piège qui nous amène dans la colère, la frustration, le jugement, le mépris ou la révolte. Qui nous amène dans la peur, l'abattement et le sentiment d'impuissance. Ce piège qui nous sépare de l'autre et nous empêche de développer une vision pour nous-même et pour ce monde.


La liberté c'est de voir que malgré tout ce qui se passe, vous demeurez partie de ce monde, que ce monde n'est pas séparé de vous et que vous êtes partie de la solution, même si c'est à toute petite échelle. La liberté c'est de tout embrasser, la grande bêtise comme la grande bonté et de continuer à miser sur la bonté et l'intelligence des gens. Parce que des gens de coeur, intelligents, il y en a beaucoup. Beaucoup plus que ce que nous laisse voir les médias et ce discours de libertés brimées qui commence à poindre. La liberté c'est de cesser de véhiculer des croyances qui divisent, tout en respectant le choix de l'autre de vouloir croire ce qu'il veut. La liberté c'est de créer à partir de ce qui existe déjà. De voir comment nous pouvons transformer la roue. Tout comme la roue fût d'abord faite de pierre, ensuite de bois et finalement de métal et de caoutchouc, il nous faut maintenant passer à une autre version de celle-ci. Peut-être même briser le concept de la roue lui-même?


La liberté c'est de se foutre que vous détestiez ce texte et que vous me transmettiez une tonne de commentaires en tout genres sur les réseaux sociaux. Les bons comme les moins bons. Cela ne fera aucune différence et je ne l'écris pas pour plaire ou provoquer. J'écris à partir de ce que je constate, c'est tout. Parfois c'est beau, parfois ce l'est moins, à l'image de la vie elle-même. J'écris ce que je considère comme la vérité actuelle et pour moi elle est neutre. Ce texte vise à faire réfléchir et si à l'issu de cette réflexion vous n'êtes pas d'accord avec moi, c'est parfait. Je ne suis pas là pour vous convaincre de quoique ce soit. Je vous invite simplement à être conscient.


La vérité pour moi est la suivante: Vous souhaitez des coupables, des sauveurs et des solutions toutes prêtes. Et bien je vous le dis: Il n'y en aura pas et nous aurons tous à nous responsabiliser. C'est ça s'éveiller. C'est cesser de se raconter des histoires ou d'attendre que les autres fassent parfaitement les choses. Que les gens fassent les choses à notre place. C'est cesser d'attendre un salut quelconque ou la solution de la part de quelqu'un d'autre. C'est accepter que ce monde est loin d'être parfait, qu'il ne le sera jamais et que c'est un par un, chacun à notre mesure que nous changerons un peu les choses. Plus nous serons nombreux à cesser de chialer pour en faire un tout petit peu, plus les choses changeront. Lentement et péniblement oui, il faut se le mettre dans la tête. Mais si nous continuons à nous diviser et à nous relancer la balle, RIEN ne changera.


Libérez-vous. Sortez de votre prison intérieure.


Comment?


En libérant votre mémoire de tout ce passé que vous traînez. Ce passé sur lequel vous vous appuyez pour conditionner vos actions et vos pensées actuelles, ce passé qui vous rend amer ou triste, parce que vous entretenez de vieilles rancoeurs et de vieilles blessures qui ne sont pas réglées. Ce passé qui entretient votre corps de souffrance. Quand le passé est libéré, on ne doute plus de nous mais on accepte de se remettre en question, continuellement. Dans chaque instant qu'on vit. Ceci fait en sorte que nous cessons de passer notre temps à chercher des appuis, des validations ou des réponses à nos questions en écoutant les autres. Parce que toutes les réponses sont en nous. Plus rien à l'extérieur ne colle après nous. Nous sommes alors libre de respirer et d'appréhender les choses avec créativité, sans être dominé par de vieilles habitudes qui se basent principalement sur des peurs primaires d'une société qui vit encore sur des principes de survie. Souvenez-vous que sous la survie, il y a la peur...


C'est maintenant le temps de vivre et d'embrasser la réalité, toute la réalité, telle qu'elle est. Même si celle-ci ne vous plaît pas, les choses sont ce qu'elles sont et ce n'est qu'en nous changeant nous, que nous pourrons changer les choses. Rien n'est séparé de nous. La réalité actuelle qui prend place n'est que le reflet d'une réalité intérieure individuelle que vous n'avez pas réglée. Si vous aviez réglé votre passé, cette situation ne vous affecterait pas autant, vous feriez avec. Vous accepteriez de vivre des inconforts, vous comprendriez que c'est normal dans les circonstances et que tout le monde fait de son mieux: vous comme nos élus. Vous commenceriez même peut-être un peu à appréhender "l'après" et à vous demander comment vous pourriez changer certaines choses pour que votre vie et celle de vos proches soit plus harmonieuse et respectueuse de l'environnement dans lequel vous vivez. Vous comprendriez que ce monde est en train de se transformer et que vous êtes partie de cette transformation.


Tout ceci n'est pas qu'affaire de voeux pieux, de prière, de méditation ou de croyances en une force plus grande, non plus. Ceux qui croient qu'avoir la foi c'est simplement s'en remettre à une force plus grande et prier n'ont rien compris. La force elle est en nous. C'est celle qui nous donne la capacité d'accepter et d'avoir confiance, certes. Mais c'est aussi celle qui nous permet de voir et de transformer ce qu'il y a à transformer en nous. Nos jugements, notre regard de différence, notre envie, notre convoitise et tout ce qui nous conduit à la souffrance et nous tient au piège de nos pensées. Se transformer intérieurement c'est du gros travail, un travail de tous les instants. Cette force sert à cela. Elle sert aussi, lorsque c'est le moment, à se mettre en action et à poser les gestes du coeur qui se doivent de l'être. Ni plus, ni moins et il n'y a pas de petits ou de grands gestes. Il y ceux qui viennent naturellement et spontanément.


Si vous vous mettiez à faire ce travail, vous vous en feriez peut-être moins avec ce qui se passe dans la cour de votre voisin. Parce que vous verriez qu'il y en a encore beaucoup à faire dans la vôtre. Si vous vous mettiez à faire ce travail vous trouveriez la vraie liberté et passeriez moins de temps à vous plaindre d'un déni de vos droits. Parce que vous verriez que pour chaque liberté que vous réclamez, vous avez une responsabilité à assumer.


❤️🌈


BrahmaShakti




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