Lettre à toi qui veut partir...




Je t'écris à toi... Oui, toi qui souffres au point de te dire que tu serais mieux ailleurs. Mieux dans une autre vie, une autre dimension, un autre lieu. Toi qui ne vois plus de porte de sortie.


Je te comprends, je te vois et je t'accueille dans ta souffrance, parce que je la comprends profondément. Je suis passée par là. Mais on m'a fermé la porte à cet autre lieu qu'ICI ET MAINTENANT et on m'a dit de retourner faire mes devoirs. On m'a fait comprendre que toute cette souffrance avait un sens et une signification et qu'il n'y avait que moi qui pouvait comprendre à quoi toute cette "merde" qu'était devenue ma vie, rimait.


On t'a probablement mis une étiquette, un diagnostic. On t'a peut-être aussi prescrit de la médication et arrêté de travailler. C'est bien. Et si tu ne t'autorises pas encore à prendre une pause, tu devrais. Ça va te permettre de te déposer, de prendre du temps pour toi. Quand on a mal dans son corps, dans sa tête, dans son coeur ou dans son âme, faut s'arrêter et c'est important de le voir. Mais sache que ce diagnostic, cette étiquette, NE DÉFINIT PAS CE QUE TU ES. Il aide les médecins à te donner un traitement pour soulager ta souffrance et stabiliser ton état, le temps que tu fasses le point. Cela ne te guérira pas. On te pointe une direction où regarder tout simplement. Une façon que tu as de fonctionner dans la vie.


C'est peut-être une façon de t'évader de ta réalité, de te pousser à bout dans toutes sortes d'extrêmes pour te ramasser ensuite "sur le cul" parce que tu as trop poussé la machine. C'est peut-être une façon de manifester ta révolte, une façon de dire "Je ne suis pas celui ou celle que vous voulez que je sois", ou encore tout simplement trop de stress accumulé à vouloir correspondre aux attentes des autres, à vouloir correspondre à un modèle qui te convient de moins en moins...


Peu importe, il n'est pas important ce diagnostic. Il l'est pour les toubibs, pour cette société qui a besoin de tout compartimenter, nommer et catégoriser pour déterminer où tu devrais te situer. Parce qu'on a oublié qu'être un humain qui vit des difficultés c'est juste normal dans ce processus qu'est la vie. On a établi un modèle de ce que devrait être la vie et toi tu penses que si tu ne "fit" pas dans ce modèle de performance et de standards, t'es pas normal... Mais non, c'est pas comme ça que les choses fonctionnent et c'est la société qui a rien compris. Il y a seulement TOI qui peut réellement te situer dans ce monde et surtout juste TOI qui peut comprendre pourquoi tu en es rendu là. La médication ne répondra pas à cette question-là à ta place. Elle va te permettre de dormir et de revenir les deux pieds sur terre, c'est tout. Après c'est toi qui devra faire le reste du voyage. Il n'y a que TOI qui est responsable de ta guérison.


Il y a une grande force en toi. Elle est à la mesure de ta souffrance et elle t'y conduit encore et encore pour te faire comprendre que quelque chose ne va pas dans ta vie. Il y a des choses à réconcilier en toi, des choses à comprendre à propos de toi-même. Tout ceci, ça se passe entre toi et toi et personne d'autre. Entre ta CONSCIENCE et toi. Si tu crois en cette force, tu peux passer au travers de tout.


Dans la vie, il faut croire et avoir la foi. Que tu croies en toi, en la vie, l'Univers, Dieu, Bouddha, Jéhovah ou Allah, CE N'EST PAS IMPORTANT ET CELA NE REGARDE QUE TOI. Mais crois en quelque chose! On dirait qu'ici au Québec, on veut plus croire et l'actualité nous laisse entendre que ce n'est pas bien de croire. On confond croyance et gouvernance, spiritualité et religion, éducation et formation. À force de nommer et catégoriser les choses et le gens, on vient qu'on mélange tout. Les mots deviennent vide de sens parce que nous avons perdu le sens de la vie elle-même, à force de ne plus vouloir croire en rien... Tout ce que l'on sait faire c'est se rattacher à notre belle devise:


JE ME SOUVIENS.


On se souvient du passé, beaucoup. On s'attache à celui-ci, au niveau individuel comme au niveau collectif. Mais l'attachement, tout comme l'aversion, sont sources de souffrance et on finit par s'approprier des souffrances qui ne nous appartiennent pas en propre bien souvent. Un moment donné, il faut faire la paix avec notre passé, le nôtre comme celui des autres, et arrêter de remettre notre sort entre les mains de systèmes ou de personnes, si on veut aspirer à meilleur. Il faut arrêter de tout catégoriser en bonnes et mauvaises choses pour s'ouvrir à la vie. La vie n'est pas noire ou blanche, elle est composée d'une multitudes de couleurs, elle est diversifiée. Faut s'ouvrir à cette diversité d'expériences qu'elle nous offre et de gens qu'elle nous permet de rencontrer. Faut prendre des risques et le premier de ceux-ci est de croire en SOI.


Il y a une voix en toi qui aspire à tout ceci. Écoute et suit cette voix. Elle ne te dira jamais de quitter ce monde, parce qu'elle sait que ta place est ICI et que tu as quelque chose de beau à offrir à ce monde. Quelque chose qui ne ressemble peut-être pas à tous ces modèles établis, je ne sais pas, c'est à toi de voir. Nous avons tous et toutes à créer notre vie et ta vie elle ne ressemble à celle de personne d'autre. Si tu respires c'est qu'il y a encore de la vie en toi. Et cette vie-là elle veut vivre et faire les choses à sa façon, pas à la façon des autres.


Je ne te connais pas, mais moi je crois en toi. Et en cette journée pour la promotion de la santé mentale et cette semaine de prévention du suicide qui approche, je t'envoie tout mon amour.

❤️


BrahmaShakti

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