Le passage



Demain c'est Pâques.


Je me demande ce qu'il dirait notre frère s'il était présent physiquement avec nous maintenant... Là maintenant dans cette crise que nous traversons. Pâques vient de l'hébreu biblique Pesah, qui veut dire "passer au-dessus". Sans entrer dans les détails de l'étymologie, disons simplement que cela se réfère au mot passage.


C'est bien là ce que nous traversons. Ne sommes nous pas dans un tournant, un passage? Que dirait-il en ce moment Jésuha? Trouverait-il que nous affrontons ce tournant de notre histoire avec solidarité et courage? Ou trouverait-il que l'histoire se répète et que les divisions et les dissensions sont plus présentes que jamais entre nous?


Un peu des deux je crois.

Un peu des deux qu'il nous faut voir pour ce qu'ils sont: Le meilleur et le pire de ce que nous sommes.

Deux états à équilibrer en chacun de nous. Deux états que nous devons pleinement accueillir en nous mais aussi chez l'autre.


Mais pour pouvoir accueillir, il faut pouvoir voir. Voir nos croyances et celles des autres. Voir à quel point celles-ci peuvent être source d'union autant que source de divisions. Voir que lorsque nous cessons de questionner celles-ci, nous cessons d'évoluer. Cesser d'évoluer c'est cesser de s'ouvrir. À nous tout d'abord et à l'autre ensuite.


Lorsque nous croyons avoir compris, avoir trouvé la réponse, avoir saisi le truc, généralement c'est que nous n'y sommes pas. Nous nous assoyons sur nos lauriers, heureux d'avoir trouvé et de ne plus avoir à travailler. Un vieux sage m'a déjà dit que la croyance sans le doute, ce n'est pas une croyance, c'est une certitude. En ces temps d'incertitude, accepter que nous ne savons pas et que nous ne contrôlons pas, est plus important que jamais.


S'abandonner à tout ceci et humblement admettre que nous ne savons pas. Nous ne savons pas où tout ceci nous mènera. Individuellement et collectivement.


Nous pensons savoir, nous aimerions savoir et peut-être avons-nous une sorte de vérité intérieure par rapport à tout ceci. Si c'est le cas, tant mieux. Tant mieux pour nous.


C'est une vérité pour nous, pas pour l'humanité. Dans cette grande matrice qu'est la réalité que nous vivons à l'heure actuelle, notre vérité est le pixel d'une image tantôt rose, tantôt grise, en fonction d'une vérité intérieure qui nous est personnelle. Une vérité qui se conditionne à partir de nos croyances.

La sagesse c'est de le voir.

La sagesse c'est de le comprendre.

La sagesse c'est d'admettre que la seule réalité c'est que personne ne sait.

La sagesse c'est de voir qu'il ne reste que deux alternatives: Avoir peur ou avoir confiance.


La difficulté c'est de naviguer entre les deux et de les réconcilier. Pas facile avec tous ces gens qui passent leur temps à vous balancer leurs croyances, leurs théories et leurs hypothèses.


Je ne sais pas ce que Jésus aurait fait s'il avait écouté tout le monde. Je ne sais pas ce qu'il aurait fait s'il avait écouté ses disciples. Judas qui l'a trahi et Pierre qui l'a renié trois fois en moins d'une nuit. Sa vérité il l'a portait dans son coeur, il la vivait jour après jour. Il l'a partageait avec qui voulait bien l'entendre mais il ne l'imposait pas. Conscient de la source de rayonnement qu'il était, il ne disait pas aux gens quoi penser. À ceux qui voulaient le suivre, il disait quoi faire. Et à faire, il n'y avait pas beaucoup.


Essentiellement, c'était d'avoir la foi et de croire. Autrement dit, il leur disait d'avoir confiance. De puiser en eux la force et le courage nécessaire à passer les temps durs que ses frères et soeurs sous occupation romaine vivaient. De trouver en eux cette source de rayonnement qui fait que nous devenons confiant.


Il ne leur disait pas qu'ils étaient sous occupation parce que Dieu les punissait d'un mauvais comportement quelconque.

Il ne disait pas que Dieu les libèrerait de l'occupation.

En faits, beaucoup attendaient de lui qu'il les libère de celle-ci. Mais il n'était pas là pour les libérer des autres.

Il était là pour les libérer d'eux-mêmes. Pour les aider à se trouver comme enfant du Père, animé que nous sommes tous d'un seul et même Esprit.


Il leur disait de plonger en eux pour découvrir cette vérité universelle: Nous sommes UN.


Il leur disait d'être solidaires les uns des autres, de cesser de se quereller et de se diviser entre eux. De voir que Le Père aime tous ses enfants de la même façon. Peu importe leur origine et leurs croyances...


Dans cette unité nous voyons. Nous voyons:


Une humanité dans le même bateau, à vivre les mêmes évènements;

Une humanité sur cette bonne vieille terre, pas sur une nouvelle.


La planète n'a pas beaucoup changé, tout au plus respire-t-elle un peu plus librement. C'est nous qui sommes en train de changer. Pour le mieux, espérons-le. Gaïa nous regarde espérant que cette fois nous comprendrons. Mais ce n'est pas la première fois que nous sommes ainsi mis à l'examen par la vie. Il n'y a rien de nouveau sous le soleil, qu'un cycle, une boucle qui se répète encore et encore. La vie qui transforme la vie, qui la fait évoluer en elle-même.


Laissons-nous transformer par tout ceci. Dans la bienveillance et l'amour pour nous-même autant que pour notre prochain. Laissons les autres libres de découvrir leur vérité intérieure et invitons-les à faire preuve de courage pour puiser à l'intérieur d'eux la force nécessaire à traverser les difficultés qui se dresseront sur leur chemin. À rayonner un peu de cette confiance rassurante dont nous avons tant besoin.


Il n'y a pas de transformation sans responsabilisation et plus que jamais nous sommes appelés à nous responsabiliser. Comme Jésus qui a porté sa croix et sa vérité jusqu'au bout. Il l'a porté avec confiance, se sachant aimé par plus grand, se sachant issu de cette Source d'amour, comme nous tous.


Ça va bien aller. 🌈



Joyeuses Pâques. ❤️🕊🐣




BrahmaShakti

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